Vendredi 10 Juillet 2009
OISE Prisons : l'été pourrait être très chaud
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À la maison d'arrêt de Liancourt, les détenus vivent à trois voire quatre dans une cellule de 9 m².
Les maisons d'arrêt du département s'apprêtent à vivre la période estivale, toujours sensible. C'est surtout à Liancourt que l'été est abordé avec crainte, car les tensions sont déjà palpables.
C'est la période la plus redoutée par les surveillants et la plus pénible pour les détenus. L'été, les températures s'élèvent, les tensions également. Dans l'Oise, c'est au centre pénitentiaire de Liancourt que l'on redoute le plus ces deux mois d'été. Car ils arrivent alors que « le climat est déjà plus que tendu »,selon Étienne Dobremetz, le secrétaire du syndicat Ufap/Unsa.
« Nous sommes en train de connaître une série d'agressions qui n'augurent rien de bon pour cet été », explique-t-il. Dans la nuit de jeudi, un détenu a jeté de l'eau de javel sur un surveillant qui regardait à travers l'½illeton (sans le verre de protection) de la porte de la cellule. Blessé à l'½il, il a été évacué à l'hôpital de Creil.
Cette agression intervient après plusieurs autres en quelques semaines : un gardien a reçu un coup de poing le 3 juillet (5 jours d'ITT), un autre s'est fait taillader le visage avec une lame de rasoir le 14 juin (5 jours d'ITT). Si la tension se traduit par des violences sur les surveillants, elle est également visible avec les bagarres entre détenus. « On a connu récemment une vague de violences entre eux », raconte ainsi le syndicaliste.
402 détenus pour 234 places
Le manque de personnel est selon lui flagrant. Autre élément, et non des moindres : la surpopulation. La maison d'arrêt du centre pénitentiaire de Liancourt accueille 402 détenus pour 234 places théoriques. Ils se retrouvent à trois voire quatre par cellule (de 9 m²). Cent-dix lits ont récemment été ajoutés pour pouvoir faire face.
Même si à Liancourt les détenus sont mieux lotis qu'à la maison d'arrêt d'Amiens (où les détenus n'ont ni réfrigérateur ni plaques chauffantes), l'été pourrait être chaud. « Les fortes chaleurs sont un facteur aggravant, c'est indéniable. On espère même qu'il ne fera pas très beau cet été », explique Étienne Dobremetz.
Même si la maison d'arrêt de Beauvais n'échappe pas au regain de tensions l'été, on semble moins l'appréhender. « Même si nous avons des bagarres, nous n'avons pas la tendance à la violence comme à Liancourt », explique Thierry Vyka (Ufap-Unsa). À Beauvais, les détenus vivent dans des dortoirs, au minimum à six, au maximum à douze. Ici aussi, il y a surpopulation : 170 détenus pour 110 places théoriques.
C'est à Compiègne que la situation est la moins explosive. La vieille prison n'accueille en effet que 100 détenus pour 80 places. « Cela fait quatre ans que nous avons la chance de travailler dans de bonnes conditions, explique Cyril Montier, le secrétaire Force ouvrière. On ne craint pas trop l'été car dans la mesure où nous sommes une petite structure, nous connaissons bien les détenus. Nous pouvons facilement déceler les tensions ». Une situation forcément enviée du côté de Liancourt.
G.L