INSÉCURITÉ.
Le vandalisme calvaire d'Estrées-Saint-Denis
Depuis le début de l'été, Estrées-Saint-Denis est secoué régulièrement par des vagues de vandalisme. Une situation qui dure et qui inquiète municipalité et habitants. Des jeunes du village sont montrés du doigt.
Julien Auduc | 28.07.2004
DANS LA NUIT de samedi à dimanche dernier, des jeunes rôdent devant la salle polyvalente. Alerté par des riverains, un élu se rend en voiture sur les lieux. Arrivé sur place, il voit deux cocktails Molotov explosés sur la façade de la salle. Une course-poursuite s'engage avec ces jeunes qui prennent la fuite à scooter. Ils parviennent à s'échapper en prenant un petit chemin qui mène à Montmartin, un village voisin. Cet épisode est le dernier d'une longue série de dégradations qui touche la ville depuis quelques mois. Une liste pour le moins impressionnante. 2 janvier 2004, vol avec effraction dans la salle polyvalente. 15 avril, deux bus sont détruits par le feu. 6 mai, vol dans l'atelier municipal. 11 juin, la fête du collège est troublée par une bande de jeunes. 26 juin, nouvelle effraction dans la salle polyvalente. 10 juillet, deux abribus et deux cabines téléphoniques sont vandalisés ; un car est caillassé. 17 juillet, des fenêtres de la salle polyvalente sont cassées. Le 18 juillet, c'est un car qui est brûlé. Sans compter les tentatives d'effraction sur des commerces et des pavillons ces derniers mois. « Ils sont irresponsables » Même si toutes ces affaires n'ont pas forcément de lien entre elles, dans la ville, un climat de tension commence à s'installer. Sous couvert d'anonymat, on évoque les jeunes de Rémy, le village voisin, ou ceux de la cité des Sablons à Estrées-Saint-Denis. En attendant, une bande de jeunes du cru a décidé de faire passer à la ville un été agité. Nicolas* aurait pu être de ceux-là. A 19 ans, il déclare connaître ces jeunes. Il y a quelques mois, il reconnaît qu'il « traînait » avec eux. « Jusqu'à cette année, on se retrouvait dans un entrepôt près de l'Intermarché de Moyvillers, avoue-t-il. Mais les gendarmes nous ont virés. Alors la bande est venue là ». Là, c'est le parking en face du collège Abel-Didelet. C'est là que le car a brûlé le 18 juillet. « Depuis, ils ne viennent plus, explique Nicolas, les gendarmes tournent davantage. Alors ils se tiennent tranquilles. » Pour lui, ses anciens amis pourraient être les responsables de toutes ces dégradations. « J'ai pas de certitudes, mais, bon, je les connais. J'ai fait ça avec eux. Boire, fumer et casser des trucs après. En plus, certains ont beaucoup de ranc½urs vis-à-vis des chauffeurs de bus. C'est pourquoi je n'ai vraiment pas été étonné d'en voir un brûler. » Aujourd'hui, Nicolas parle comme un repenti. « J'en avais assez de faire le con, et puis ce sont des bons à rien. Certains travaillent dans les usines des alentours mais ça ne veut rien dire. Ils sont irresponsables. Dernièrement, il y en a un qui a eu son permis. Il est allé fêter ça en boîte en Belgique. Il a bu comme un trou et a fini contre le rail de sécurité. Ce n'est pas comme ça que je veux finir. » En attendant, à Estrées, les gens en ont assez. La municipalité s'inquiète et a décidé de renforcer sa propre sécurité. « Pourtant, ils ne sont pas bien méchants, ce n'est pas des cailleras comme on peut en voir en région parisienne, assure Nicolas. Ce sont juste des petits cons irresponsables. Mais bon, là, c'est vrai que c'est chaud, et puis les gens en ville ils vont péter les plombs si ça continue ». * Le prénom a été volontairement modifié.
Le Parisien
ESTREES-SAINT-DENIS
La gendarmerie attaquée au cocktail Molotov
Julien Auduc | 31.07.2004
DANS LA NUIT de jeudi à vendredi, Estrées-Saint-Denis a encore connu de nouveaux actes de vandalisme. Mais cette fois, les jeunes s'en sont pris directement à la gendarmerie. Il est minuit passé. Deux jeunes de la cité des Sablons, sur un scooter enrubanné dans du papier d'aluminium pour ne pas que l'on reconnaisse sa marque et sa couleur, se rendent à la gendarmerie, avenue de Flandre. Devant le bâtiment, ils jettent deux cocktails Molotov sur le bâtiment. Une des bouteilles explose sur le mur, la seconde atterrit dans la cour. Hier, il restait sur la façade en brique de la gendarmerie une tache noire. Quant aux familles des gendarmes, elles en sont quittes pour une grosse frayeur. Rapidement identifiés par plusieurs témoins, les deux jeunes ont été arrêtés hier après-midi et immédiatement présentés devant le procureur de la République Eric Boussuge, qui, devant la gravité des faits, entendait bien demander leur incarcération. Ces deux adolescents auraient agi par vengeance après l'arrestation de trois de leurs amis mercredi. Ces trois jeunes, également originaires de la cité des Sablons d'Estrées-Saint-Denis, avaient été arrêtés après une dénonciation pour de multiples actes de dégradation commis en ville.En perquisitionnant aux domiciles des parents, les gendarmes ont découvert, chez l'un d'eux, 250 g de résine de cannabis, 1 430 en liquide et un téléphone portable contenant des SMS ne laissant pas de doute sur la présence d'un trafic. Les trois jeunes, tout juste majeurs, étaient donc présentés hier devant le parquet de Compiègne pour trafic de stupéfiants. Le plus âgé, chez qui a eu lieu cette perquisition, a écopé de douze mois de prison avec sursis, d'une mise à l'épreuve de dix-huit mois et de 750 d'amende. Nombreux incidents depuis le début de l'été Mais cette affaire qui secoue Estrées-Saint-Denis s'ajoute à de nombreux incidents (notre édition du 28 juillet) qui émaillent le bourg depuis le début de l'été : bus incendiés, cabines téléphoniques et abribus vandalisés. Contacté hier soir, le maire, Charles Pouplin, était satisfait de l'arrestation de ces jeunes. « Pour l'instant, il faut laisser les gendarmes faire leur travail, prévient-il. Si ces jeunes ont commis un tel acte, c'est que les forces de l'ordre ont dû mettre la main sur de gros morceaux. Nous, nous avons un week-end à assurer. Nous allons être vigilants. »
Le Parisien
ESTREES-SAINT-DENIS
Opération coup de poing pour un trafic de stupéfiants
Stéphanie Forestier | 05.12.2006
DEUX JEUNES d'Estrées-Saint-Denis, âgés de 18 et 19 ans, ont été interpellés hier, tôt dans la matinée, pour trafic et usage de cannabis, puis placés en garde à vue. Une quinzaine de gendarmes d'Estrées, de la brigade de recherche, du peloton d'intervention et de surveillance de la gendarmerie (PSIG) ainsi que de la brigade cynophile de Senlis, se sont rendus en force à 6 heures du matin pile, heure légale, dans le quartier des Sablons. « Gendarmerie nationale ! Ouvrez la porte ! », somme un gendarme devant la porte d'un appartement au troisième étage d'un immeuble. Elle fait suite à une enquête de huit mois L'un des individus recherchés est au domicile de ses parents. Son appartement est perquisitionné et fouillé par le chien détecteur de drogue. Mais rien n'est découvert. C'est dans la cave que du matériel servant à la consommation et à la revente de cannabis sera finalement retrouvé. Le substitut du procureur de la République de Compiègne est venu auditionner le jeune chez lui et délivrer les autorisations nécessaires pour que les gendarmes puissent aller chercher le deuxième suspect à son travail. Connu des services de gendarmerie pour des faits de vandalisme et d'incivilité, l'un des deux jeunes a notamment participé à des représailles contre la brigade d'Estrées le 30 juillet 2004. Représailles qui s'étaient déclinées en jets de cocktails Molotov dans l'enceinte même de la gendarmerie. « Nous espérons que, au cours de leur interrogatoire, nous pourrons en savoir plus sur leur filière, voire sur leur fournisseur, car, souvent, nous débouchons sur des trafics de cocaïne ou d'héroïne », insiste le commandant de la compagnie de Compiègne, Alain Gloannec. Ces interpellations sont le fruit de huit mois d'enquête constellée de témoignages, notamment de voisins qui avaient remarqué certaines allées et venues qui leur avaient paru suspectes. Les deux jeunes hommes seront jugés en correctionnelle, à Compiègne, à la suite de leur garde à vue.
Le Parisien
Cet article a été publié dans la rubrique Oise